Marie de Nazareth est la première supérieure car elle était l’exemple de vie chrétienne pour les premiers Frères. Marie marche à nos côtés. Marie est notre Bonne Mère car elle nous rappelle que nos coeurs sont ceux d’une mère dans notre relation avec le monde. Marie nous rappelle enfin que, remplis de l’Esprit, nous sommes attentifs aux besoins des autres et nous allons en hâte sur le chemin du service qui est celui où Dieu est présent. Elle est à l’origine de l’Église et la Mère de tous les Chrétiens.

Le Pape, Saint Jean-Paul II dans une audience générale à Rome du 6 septembre 1995, évoque «La présence de Marie à l'origine de l'Église» : «Le rôle assigné à Marie par le dessein divin de salut demande en effet, chez les chrétiens, non seulement accueil et attention, mais aussi des choix concrets qui traduisent dans la vie les attitudes évangéliques de celle qui précède l'Église dans la foi et la sainteté. La Mère du Seigneur est ainsi destinée à exercer une influence spéciale sur la manière de prier des fidèles. La liturgie elle-même de l'Église reconnaît sa place singulière dans la dévotion et l'existence de tout croyant. Il faut souligner que la doctrine et le culte marial ne sont pas des fruits du sentimentalisme. Le mystère de Marie est une vérité révélée qui s'impose à l'intelligence des croyants et exige de ceux qui ont dans l'Eglise la tâche de l'étude et de l'enseignement une méthode de réflexion doctrinale non moins rigoureuse que celle que l'on emploie dans toute la théologie.

Du reste, Jésus lui-même a invité ses contemporains à ne pas se laisser mener par l'enthousiasme dans la contemplation de sa Mère, reconnaissant en Marie surtout celle qui est bienheureuse parce qu'elle écoute la Parole de Dieu et la met en pratique (cf. Saint Luc 11, 28). Ce n'est pas seulement l'affection mais surtout la lumière de l'Esprit qui doit nous guider pour comprendre la Mère de Jésus et sa contribution à l'oeuvre du salut ».

Partout dans le monde, la Sainte Vierge appelle à la prière, à la pénitence et rappelle l’Evangile. La Mère de Dieu instruit et forme ses enfants pour vivre dans le temps qui est le leur. C’est dans cette longue tradition spirituelle que s’inscrit la Confraternité. Les membres de la Confraternité, par leur engagement, rechercheront à tendre vers une certaine perfection de la vie chrétienne, c’est-à-dire chercher à convertir leur coeur dans la vérité de l’Evangile par l’amour de Jésus et grâce à l’accompagnement maternel de la Sainte Vierge. Cette démarche s’inscrira dans leur fréquentation assidue des sacrements de l’Eglise, dans une dévotion particulière au saint sacrement, dans une récitation régulière du chapelet et enfin dans des exercices de charité vis-à-vis de leurs frères les plus déshérités.

 

Face à l’obscurantisme et à l’incroyable croissance de l’islamisme radical, dont chaque jour des Chrétiens dans le monde sont victimes, il apparaît important, vital même, que les Chrétiens puissent se retrouver et se réconcilier, car nous sommes tous frères. Ainsi, quoi de plus naturel pour des frères que de se retrouver autour de la sainte protection de leur mère, notre Mère à tous, la Sainte Vierge Marie.

 

La Custodia OEcumenicum Sanctæ Mariæ est née de cette volonté de réunir les Chrétiens dans le respect de leur diversité. Cette institution se veut donc oecuménique et se refuse à tout syncrétisme. Limitant son organisation, son encadrement et son «suivi» à sa seule finalité de réunir autour de la Très Sainte Vierge Marie, les chrétiens du monde dans un esprit d’égalité entre toutes les églises et, de facto, entre tous les chrétiens.

Pourquoi une institution oecuménique ?

Pour chacun, le but de l'oecuménisme dépend évidemment de ses connaissances et de sa formation. Il ne faut pas s'étonner que les images d'une unité reconstituée aient évolué au cours du temps. Déjà, il y a des images de l'unité qui ont été tenue dans le passé, qu'ils peuvent encore, ici et là, subsister mais qui sont en train de changer pour être fidèles à la volonté de Dieu :

 

La « diversité dans l'unité ». Encore faut-il ne pas en faire une excuse pour ne rien changer dans sa propre conduite. L'unité n'est évidemment pas la perte de la personnalité des Églises. Il y a entre ces Églises des différences. Ces différences, au cours des luttes, se sont parfois durcies et sont devenus des éléments identitaires et séparateurs. Il faut que ces différences se relativisent en se greffant sur l'essentiel de la foi chrétienne. Elles doivent être vues dans la convergence et non dans une divergence renforcée. Cela ne va pas sans modifier le regard que les adultes d'aujourd'hui ont reçu dans leur enfance. Il faut être attentif pour que le respect de la diversité ne devienne pas, dans certains cas, une tentative inconsciente de justifier un immobilisme : surtout ne rien changer. Une telle attitude supposerait qu'on n'ait pas pris conscience d'un fait évident : dans chaque communauté, dans chaque Église, tout en gardant son identité, on a vécu et on vit encore beaucoup de changements.

 

L'unité à venir ne peut être, non plus, interprétée comme un retour à une Église «primitive » plus ou moins imaginaire. Elle ne sera pas non plus le résultat d'une vérité bradée. Il s'agit de communier ensemble à la vérité de Dieu et de se retrouver unis dans la diversité autour de la Très Sainte Vierge Marie. L'oecuménisme ne peut exister que dans la croissance de chaque communauté dans la foi. Témoigner de la foi, que ce soit auprès des adultes ou auprès des enfants, c'est toujours enlever des obstacles vers l'unité, bien plus : c'est marcher ensemble vers cette unité.

 

Cette marche en commun, en fraternité, la Custodia souhaite la mettre en exergue à travers les pèlerinages mariaux afin que tous puissent se retrouver en communion de prières autour de la Sainte Vierge.

L’esprit de la Custodia OEcumenicum Sanctæ Mariæ a donc été de réunir, au sein d’un Collège ecclésiastique, la plus grande représentativité des Eglises en intégrant, à ce jour, 87 archevêques et évêques répartis sur le globe.

L’engagement des autorités religieuses qui rejoignent le collège ecclésiastique de la Custodia OEcumenicum Sanctæ Mariæ n’est pas que symbolique. Chacun est ainsi invité à faire croître la Custodia dans son pays. Les autorités ecclésiastiques les plus engagées pouvant se voir proposer de devenir délégué national de la Custodia dans leur pays en participant pleinement aux différentes missions de l’institution.